L'homme est un mouton

by - 25.1.15

Expatriation & Retour
Bruxelles que j'aime
J'ai eu cette pensée pour la première fois début janvier. En voyant tous mes amis qui, malgré un blocus plus ou moins hardcore, fêtaient le réveillon du Nouvel An comme ils pouvaient. Autour d'une bonne raclette, d'un verre de champagne totalement légal et riant aux éclats sur leurs photos. C'est vrai, à ce moment-là, mon pays me manquait beaucoup, mais également tout ce que j'avais le droit d'y faire, les gens que je côtoyais, les choses desquelles je riais. Bref, mes habitudes. Bref, ma vie d'avant. Je voulais être là. Je voulais faire comme eux, avoir un Nouvel An normal comme j'en ai déjà eu quelques-uns les années précédentes. Je voulais rentrer et avoir un énième dîner de Noël chez ma mamy. Je voulais faire "comme d'habitude", et soudain, l'aventure, l'inconnu, le nouveau, ne me suffisaient plus. C'était fade. Ce qui me faisait envie, l'espace d'une seconde, c'était le retour aux sources, et plus tellement la découverte de quelque chose d'excitant et de différent...

Heureusement, me diront les plus optimistes (je le suis et le dis moi-même), je rentre dans cinq mois. Ce n'est pas très long, cinq mois, dans une vie. Cette expatriation d'un an n'est en rien définitive, et d'ailleurs, puisqu'on en parle, je ne pense pas que je voudrais vivre aux Etats-Unis pour m'y établir. J'y retournera volontiers, pour revoir les gens d'ici, profiter de la nature sauvage et immense, visiter plus encore. Mais pas pour toujours. La Belgique, c'est mon chez moi, c'est moi. 

Personnellement, je trouve qu'on veut toujours retourner auprès de ceux qui sont comme nous. Aussi fantastique que soit l'aventure, on revient toujours au point de départ, on côtoie toujours les gens qui nous ressemblent parce qu'ils nous comprennent, et les conversations en sont rendues plus faciles. Le feeling passe. Avec quelqu'un qui n'a pas la même culture ou la même langue (quoiqu'on peut passer outre celle-ci, bien sûr), la même religion, le même mode de vie... l'interaction est intéressante mais à long terme met mal à l'aise ! Les habitudes, le passé, les souvenirs ne sont pas les mêmes. Les envies diffèrent.

L'aventure, l'expatriation, aller loin pour découvrir plus, est fabuleuse. Je pense que je ne pourrai jamais m'arrêter. Jamais stopper cette soif de toujours voir plus loin que le pas de ma porte. Pourtant, il y a toujours au fond, cette envie de rentrer chez soi. Peut-être est-ce pour mieux repartir, qui sait ? Revenir au nid douillet parce que toutes nos habitudes, aussi bizarres soient-elles, nous avaient fameusement manquées. Partir pour mieux apprécier les bonheurs de la maison en rentrant.

Bref, j'ai commencé à ressentir ce besoin de rentrer parce que la Belgique me correspond, parce que j'y ai été élevée, et que je ne pourrais pas vivre sans l'idée que j'y rentrerai un jour. Néanmoins, je continue de vivre mon échange à fond. Je me connais : à peine serai-je rentrée au pays que déjà, je voudrai repartir... ;)

Et vous, vous ressentez aussi cette envie peut-être infime mais bien présente de toujours revenir au point de départ, pour mieux repartir ensuite ?
Mon chez moi... les vrais reconnaîtront ! ;)

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