Le grand frère

by - 18.11.15



Suite aux évènements de vendredi dernier, je ne pouvais pas ne pas écrire. Quoique, me direz-vous, pourquoi tant de réactions, d'indignation face au malheur des français, et rien ou presque en ce qui concerne Beyrouth, Sousse, et j'en passe ? J'avoue être moi aussi, comme tous les occidentaux de l'ouest, la victime de nos médias. On est touché, on se sent concerné. On se dit "Quand même, quelle horreur". La larme à l'oeil, on murmure qu'on a bien de la chance de ne pas avoir été à cet instant là-bas, à Paris...



La France, c'est notre grand frère, pour nous les Belges. On s'en moque souvent, on l'ennuie, on le trouve un peu prétentieux parfois mais il nous protège, nous montre la voie, et on ne peut s'empêcher de l'admirer. C'est tout près. C'est le voisin. Alors oui, un attentat au Liban ou une fusillade en Tunisie nous serre le ventre, mais un acte terroriste sur Paris, ça fait remonter la boule jusque dans la gorge. Et c'était nous, petit voisin Belge, à quelques centaines de kilomètres seulement ? Et s'ils continuaient sur leur lancée ? Et si les traces des terroristes à Molenbeek à Bruxelles révélaient un réseau dangereux établi en Belgique ?

Pas de réponses, juste des suppositions, des craintes, des peurs. Sommes-nous vraiment en guerre, comme nous bombardent certains médias flamands et autres ? Et qu'est-ce que la guerre aujourd'hui ? La guerre, cela ne signifie plus, à mon humble avis, des conquêtes comme en 14-18, des batailles à sang où les soldats se déchiraient à la baillonnette. Cela ne signifie pas non plus un front de Russie, un front de France, et des chars dans la neige. La guerre d'aujourd'hui, c'est trois armes : la perversion des hommes qui disent agir au nom de la foi, la peur dans l'âme des gens parce qu'on ne sait rien faire sinon continuer à vivre, et les médias qui déforment la vérité, souvent, ou la cachent. Des attentats, des bombardements... A la fois tout proche et si loin. Ce n'est pas nous, pas cette fois. On s'en tire. Pourtant des milliers d'innocents vivent cette peur chaque jour, sont des miraculés parfois, se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment...

Alors oui, les attaques violentes sur Paris nous font réagir plus que d'ordinaire. Peut-être était-ce la goutte d'eau qui a fait déborder un vase déjà trop plein ? Mais peut-être devrions-nous aussi nous tourner vers le monde tout entier, et tenter de ne pas s'arrêter à une frontière visuelle, un horizon peu lointain et rassurant, et se disant que tant que ça n'arrive pas jusqu'à chez nous - même si on frôle la limite - tout va bien ? Non. Pour ma part, Paris c'est un flash dans la figure, une claque, un moyen de dire "tout le monde est dans le même bateau".

#prayfortheworld

Un hashtag très américain pour le coup, mais qui a son sens à mes yeux. Pray, oui, parce que prier ne ferait de mal à personne. Prier, parce que tous nous voulons la paix, l'union, la liberté, l'égalité, la fraternité. Prier chacun son dieu, bien sûr, au choix. Prier parce qu'il faut se tenir tous la main pour en ressortir vivants.

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