It's okay

by - 24.8.16


Ça n'est pas grave de rentrer d'un échange de préférer votre pays d'origine, même si vous avez adoré votre échange, que votre pays d'accueil avait des choses magnifiques à vous offrir. Ça n'est pas grave : vous pouvez vous sentir chez vous, chez vous.

Quand on rentre d'un échange, on a toujours un sentiment étrange, comme si on devait quelque chose au pays qu'on quitte, comme si on devait quelque chose au pays dans lequel on revient, comme une explication, un choix, une note même... Il faut comparer, il faut choisir entre les deux, comme si quelque chose en dépendait, comme si le pays gagnant allait nous accueillir à bras ouverts. Beaucoup de gens au retour m'avaient demandé "Alors, lequel tu préfères" ? Comment ça, lequel ?

Pour la plupart des gens c'est impossible. Une préférence ? C'était mon cas aussi, au début. Lorsque j'étais encore en échange et que les gens me demandaient "Jusqu'à présent tu as une préférence entre les USA et la Belgique ?". Je ne pouvais pas choisir La Belgique me manquait, mais l'Amérique était belle, grande, s'ouvrait à moi. Je ne voulais pas choisir. Ils étaient aussi bien l'un que l'autre. Je me retenais d'ailleurs, d'avancer plus loin dans la comparaison, je voulais rester neutre. Les deux étaient parfaits. 



Puis au retour de mon échange, l'évidence s'est imposée à moi : bien que j'avais adoré mon échange, je n'aurais échangé pour rien au monde ma vie en Belgique avec une vie américaine. 


Qu'on se comprenne, je ne parle pas ici de vacances, de voyages, de paysages grandioses et fabuleux, d'aventures. Je parle de la vie, la vraie, le quotidien, parfois morne, parfois drôle. Au final, oui, je préfère la Belgique. Mon petit pays pluvieux et condensé. L'Europe toute entière me manquait, son esprit vivant, son histoire qui marque les cultures, ses gens, intéressés, savants, joyeux, détendus. L'Amérique est belle, certes, elle est joyeuse elle aussi, et on ne peut plus détendue ! Pourtant il me manquait ce petit goût de la recherche, ce goût d'aller plus loin qu'ont les Européens. Trop de fête tue la fête. A force de toujours faire tout pour s'amuser, on ne s'amuse plus. Je sais que je suis une fille littéraire, carrée même, avec l'envie d'apprendre. L'Amérique ne m'apportait pas cela. Ajoutez les détails du style architecture, habitudes, ma ville adorée, les gens qui me manquaient, et mon choix a été vite fait. Je ne quitterais pas la Belgique pour vivre ailleurs, je pense (je pense, car on n'est jamais sûr de rien). 

La conclusion de tout ça, c'est qu'il ne faut pas avoir peur. L'Amérique ne vous en voudra pas si votre pays d'origine reste avant tout votre pays de coeur où vous vous sentez chez vous. Les gens n'oublieront pas que vous avez passé une année fantastique, que vous vous êtes sentis bien, que vous avez découvert mille choses. Après tout cela, vous pouvez toujours et sans remord affirmer que oui, votre pays préféré, c'est le vôtre, celui qui vous a tant manqué, malgré que ça n'effacera jamais les souvenirs vécus dans votre pays d'accueil. Il n'y a pas de honte à comprendre que la comfort zone est celle qui vous convient. Cela n'empêche pas les voyages, les découvertes. On revient toujours au même endroit, là où son coeur est pris. 

Les images proviennent de weheartit.

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